Fermob est née d'une histoire de fer et de transformation. À la fin du XIXe siècle, la famille Ségéral, maréchaux-ferrants installés à Thoissey dans l'Ain, voit son activité bouleversée par l'essor de l'automobile. Elle se tourne alors vers la ferronnerie d'art, puis, en 1953, vers la production industrielle de mobilier d'extérieur en métal. Le savoir-faire artisanal se mécanise sans rien perdre de son exigence. C'est cette double culture, entre tradition manufacturière et audace industrielle, qui a forgé l'ADN de la marque. Le tournant s'opère en 1989 lorsque Bernard Reybier, jeune entrepreneur, rachète l'entreprise au bord de la faillite et la relance en misant sur deux axes décisifs, le design et la couleur. À l'époque où tout le mobilier de jardin oscille entre le vert anglais et le blanc prudent, Fermob déploie une palette de 24 coloris éclatants. Les chaises Bistro, héritières d'un brevet de 1889 initialement conçu pour les limonadiers parisiens, retrouvent une modernité inattendue. En 2004, la marque confie à Frédéric Sofia la réinterprétation des chaises du Jardin du Luxembourg créées en 1923, donnant naissance à la collection éponyme qui devient rapidement emblématique. Produite entre Thoissey, Mâcon et Anneyron, chaque pièce conjugue aluminium léger, peinture sans solvant et recyclabilité totale. Fermob figure dans le répertoire pour cette capacité à ancrer un mobilier dans l'espace public sans jamais renoncer à la joie ni au confort. Ces chaises que l'on croise dans les jardins parisiens ou sur les promenades du littoral ont toujours incarné, pour moi, une certaine idée de la vie dehors.